Nouvelle

Nouvelle

Le message d’espoir d’Alexandre Vincent

5 juin 2018
Le message d’espoir d’Alexandre Vincent

Du haut de ses 6 pi 5 po, Alexandre Vincent passe difficilement inaperçu dans l’entourage de l’Académie de hockey TBT. Que ce soit sur la patinoire, où il enseigne aux gardiens de but, ou dans les coulisses de l’aréna de St-Louis-de-France, où il se trouvait à l’occasion de la Classique TBT le weekend dernier, il attire toujours l’attention et le regard des jeunes et moins jeunes. Ce que les gens savent peut-être moins, toutefois, c’est tout ce cheminement peu orthodoxe qui l’a amené, à force de résilience et de détermination, à devenir l’un des entraîneurs de gardien les plus prometteurs en Mauricie. Entrevue.

Simon Bédard | Collaboration spéciale

@simonbedard17

Quelques années plus tard, Alexandre Vincent peut parler de sa carrière de hockeyeur professionnel avec un certain détachement. Non pas qu’il n’aurait pas aimé s’établir pour de bon dans la Ligue nationale ou dans un autre circuit pro, mais plûtot parce qu’il a finalement trouvé sa véritable voie. Celle qui, encore plus que toutes ces rondelles reçues match après match, l’a toujours fait vibrer au plus haut point.

« J’ai toujours adoré le coaching, raconte-t-il à l’auteur de ces lignes. J’ai commencé à enseigner pour l’Académie TBT vers l’âge de 16 ou 17 ans. À l’époque, il y avait Martin Bilodeau et Dany Dallaire, entre autres. Déjà, à cet âge-là, j’aimais presque plus ça qu’être gardien en tant que tel. C’était moins de pression. Comme gardien, je m’en mettais beaucoup, surtout lorsque je connaissais une moins bonne séquence. J’avais de la difficulté à l’oublier et ça me jouait dans la tête. Le match suivant, j’avais peur de commettre un autre erreur ou d’accorder un autre mauvais but.

Le coaching, c’était plus fait pour moi, poursuit Vincent. Le mental, c’était en quelque sorte ma lacune et je suis capable d’en parler aux jeunes. Ça ne sert à rien d’être fâché après soi-même et il faut prendre le temps de bien leur expliquer. »

L’été, lorsqu’il rentrait en Mauricie après sa saison dans le junior majeur, le gentil géant acceptait volontiers d’entraîner les jeunes gardiens de la Mauricie. De fil en aiguille, la passion n’a fait que s’envenimer, si bien qu’il est rapidement devenu un rouage important de l’académie.

« Quand j’ai arrêté de jouer, j’ai commencé à coacher avec le Séminaire St-Joseph et l’école Val-Marie, en plus de donner beaucoup de cours privés, raconte-t-il. Je suis également devenu copropriétaire de l’Académie TBT avec Nicolas Thibeault et Roger Larivière. J’étais déjà entraîneur au sein de l’académie, mais je voulais me placer les pieds pour de bon, donc j’ai décidé d’embarquer dans l’aventure avec eux. Je gère tous les camps consacrés aux gardiens. On s’occupe autant des plus jeunes que des gars de ligue de garage, qui m’appellent pour avoir des cours et apprendre la bonne technique. J’étais vraiment fait pour ça. »

Rien d’impossible

Le parcours d’Alexandre Vincent n’a rien d’orthodoxe. Lorsqu’il en parle, il en parle avec passion et fierté. Il n’a jamais disputé le moindre match dans la Ligue nationale ni même gagné sa vie en tant que gardien professionnel établi. Mais lorsqu’on sait d’où il vient, les obstacles qu’il a dû surmonter pour devenir un choix de quatrième ronde des Canucks en 2005, difficile de ne pas saluer sa force de caractère et sa résilience.

Après avoir goûté au midget AAA à l’âge de 14 et 15 ans, un fait rare, Vincent n’a pas été repêché dans la LHJMQ à sa première année d’admissibilité. Puis, à sa deuxième année complète dans la LHMAAAQ, les Estacades du Cap-de-la-Madeleine l’ont, à sa grande surprise, retranché de leur camp d’entraînement, ce qui a permis aux Élites de Jonquière de le réclamer au ballottage.

« Je savais que ç’allait être un changement, mais j’étais prêt à ça, mentionne-t-il lorsqu’appelé à commenter son départ surprise vers Jonquière. Je me suis dit que c’était ma dernière chance. Mon rêve, c’était de jouer au moins dans le junior majeur. Je savais que ça n’allait pas être possible si je n’allais pas à Jonquière. À l’époque, les Élites avaient un club de fond de grille, mais je n’ai jamais hésité une seconde. Je me suis bien intégré et j’avais un bon groupe d’amis. Mon entraîneur des gardiens, Daniel Blouin, m’a vraiment aidé à développer ma technique et m’a donné confiance en mes moyens. Je lui dois beaucoup encore aujourd’hui. »

Avec les Élites, Vincent a finalement retrouvé ses repères et a été récompensé en étant repêché en septième ronde par les Saguenéens de Chicoutimi, dans la LHJMQ.

« Je n’étais pas supposé percer la formation des Saguenéens en 2003-2004, avoue-t-il.  J’étais le quatrième gardien de l’organisation derrière Jeff Drouin-Deslauriers, qui était repêché par les Oilers, Simon D’Aoust, qui venait d’être élu le gardien de l’année dans le midget AAA, et Jean-Michel Perron, un produit local. D’Aoust a été retranché et j’étais supposé commencer l’année dans le junior AAA, mais on a décidé de me garder à Chicoutimi compte tenu du fait que Drouin-Deslauriers était au camp des Oilers. Finalement, j’ai offert un bon rendement lorsqu’on m’a donné la chance de me faire valoir et Perron a été sacrifié au retour de Jeff. C’était vraiment incroyable comme feeling et c’est ainsi que s’est amorcée ma carrière dans le junior. Les jeunes doivent savoir qu’il ne faut jamais se décourager. J’ai été un choix de septième ronde, j’ai été retranché à ma deuxième année dans le midget AAA et j’étais perçu comme un quatrième gardien dans le junior. On ne sait jamais ce qui peut survenir. »

Sa progression quelque peu inattendue a piqué la curiosité des Canucks, mais malheureusement pour lui, il n’aura jamais été en mesure de s’établir au sein de l’organisation de l’équipe.

« J’ai fait partie de l’organisation des Canucks pendant quelques saisons, mais je n’ai jamais paraphé de contrat d’entrée dans la LNH, déplore-t-il. À ma dernière année junior, avec les Foreurs de Val-d’Or, ç’a moins bien été et ça m’a fait mal. J’avais connu un bon camp à Vancouver, mais à mon retour à Val-d’Or, ç’a été une toute autre histoire. Il y avait Raphaël D’Orso, un petit gardien de 17 ans, qui est arrivé sans pression pour voler mon job. Ça m’a joué dans la tête et je n’ai pas eu de contrat. Quand tu n’as pas de contrat de la LNH, c’est difficile de t’implanter au sein d’une organisation. Ça ne m’a pas surpris tant que ça. »

S’il le voulait, Alexandre Vincent en aurait beaucoup à raconter à ses jeunes élèves. Il n’a jamais joué dans la LNH, mais son histoire est tout aussi fascinante. Il préfère cependant se concentrer sur le travail à faire avec ses gardiens plutôt que de se mettre à l’avant-scène. Après tout, maintenant, ce sont eux qui importent vraiment.

« Je ne leur parle pas vraiment de moi, conclut-il. Je me concentre plutôt sur eux et sur ce qu’ils doivent améliorer. Quand ils me regardent, c’est certain qu’ils me trouvent grand, mais je me mets un genou par terre pour être à la même hauteur qu’eux! Je veux qu’ils se sentent à l’aise et qu’ils n’aillent pas de pression. Je vois tellement de parents et d’entraîneurs crier après un jeune. Un gardien, tu dois le traiter différemment d’un défenseur ou d’un attaquant. Je veux vraiment travailler sur leur aspect mental; comment rebondir après un revers ou après avoir accordé un mauvais but. Je veux m’assurer qu’ils livrent la marchandise au maximum de leurs capacités. Les attentes ne sont jamais les mêmes d’individu en individu. Ils doivent prendre ça un match à la fois et se concentrer sur la prochaine rondelle, sur le prochain tir. »

Retour aux nouvelles

Création et hébergement du site Internet par SYN Média Inc.